Apprends le norvégien, en français !

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      Apprends le norvégien, en français !

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          Le Dugnad en Norvège

          Tradition et outil d'intégration dans la société

          Le dugnad, activité typique norvégienne par excellence*, incarne l’esprit communautaire du pays. Ce sont diverses activités de volontariat (plus ou moins, nous allons le voir) orientées pour le bien commun, et ayant lieu généralement une fois dans l’année. Si vous vivez déjà en Norvège ou prévoyez de vous y installer, comprendre et participer à un dugnad est un super moyen pour rencontrer des natifs et s’intégrer à la vie locale !

          1. Qu’est-ce que le dugnad ?

          Le dugnad est une forme de bénévolat de groupe, où les membres d’une même communauté s’attellent à quelque chose qui doit être fait pour la rendre plus agréable pour tous. Autant pendant son exécution qu’une fois le résultat obtenu.

          Puisqu’il s’agit de volontariat, il s’agit normalement de donner délibérément de son temps pour la communauté sans être rémunéré, mais dans les faits, le dugnad est presque une obligation sociale en Norvège. Vous donnez certes la quantité de temps que vous pouvez/voulez mais il est quand même un peu ‘’attendu’’ de vous que vous en donniez. Donc, outre louper une bonne occasion de faire des connaissances, ne pas ou ne jamais y participer serait assez mal vu et gênerait votre intégration. Eh oui, en Norvège, tout le monde doit faire sa part pour le bien du collectif !

          2. Pourquoi le dugnad est-il important ?

          Le dugnad reflète et incarne clairement plusieurs valeurs centrales des norvégiens, et rien qu’avec cette phrase, vous comprenez d’autant mieux pourquoi on attend que vous y preniez part.

          La première valeur fondamentale est l’égalité, ou davantage peut-être, la solidarité. Comme je l’ai extensivement expliqué dans l’article sur la Jantelov, en Norvège, on tient à ce que tout le monde soit au même niveau. Personne ne vaut mieux qu’une autre personne et à ce titre, chacun doit participer au dugnad pour faire sa part de tâches ‘’ingrates’’. Ou tout simplement, de tâches qu’en réalité personne n’a profondément envie de faire. Mais alors, pourquoi est-ce si important de par tout le pays si en fait, tout le monde le fait à reculons ?

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          Eh bien cela tient à la seconde valeur véhiculée par le dugnad : le lien social. Donc encore une fois, la cohésion communautaire est ici au centre.

          Lors d’un dugnad, il n’est pas simplement question de faire quelque chose de pratico-pratique, mais cela permet aussi de rencontrer ses pairs, de discuter avec eux, de partager un moment qui nous rapproche forcément.

          D’ailleurs, il est commun que pendant un dugnad, ou une fois la tâche menée à bien, tous les participants partagent un petit « goûter » (ou un dîner !) ensemble. On boit un petit café, on mange une gaufre et… on tisse des liens ! Et c’est pas tout les jours en Norvège !

          3. Les différentes formes de dugnad

          Pour comprendre où les principaux dugnad ont lieu, il faut savoir qu’ils servent entre autres choses à faire économiser de l’argent aux lieux qui en bénéficient. Ce sont donc plutôt des endroits que chacun fréquente au quotidien et avec lesquels on se sent « proche ».

          a. Le dugnad de quartier

          La forme la plus « connue » de dugnad est au sein d’un petit quartier ou même d’une rue. Tous les voisins se rassemblent pour rendre leur environnement plus joli, sûr et agréable à vivre. Il peut s’agir de tâches très diverses : ramasser des déchets, déneiger les trottoirs, faire du jardinage, repeindre et entretenir des espaces publics…

          b. Le dugnad dans les écoles

          Même si le dugnad de quartier est le plus répandu, le dugnad existe en réalité dans plusieurs autres contextes, notamment dans les écoles, les clubs sportifs ou autres associations.

          Ici, il peut s’agir de tenir un stand sur un événement, d’organiser une vente de gâteau pour collecter des fonds, de repeindre (oui encore), nettoyer, réparer etc.

          c. Le dugnad en entreprise

          Bon, alors là on touche à un sujet plus sensible, qui fait débat et fait couler de l’encre sur les forums. Le mot « dugnad » et le mot « entreprise » sont a priori antinomiques, puisque l’un n’est pas rémunéré et l’autre nous permet de gagner notre vie. Effectivement, c’est un peu étonnant pour nous français, mais il est légal d’organiser un dugnad au travail, en dehors des heures rémunérées. Mais évidemment, il ne peut pas être imposé, cela reste après tout du volontariat.

          Que vous y participiez dépend alors beaucoup de l’entreprise dans laquelle vous travaillez, de sa taille j’imagine, de la relation que vous entretenez avec votre boulot et vos collègues etc.

          4. Quand a lieu le dugnad ?

          Potentiellement, n’importe quand dans l’année ! Tout dépend en fait de quel dugnad, ou même, de quelle tâche on parle.

          Généralement, les gros travaux d’entretien ont lieu une seule fois, plutôt au printemps. Mais d’autres besoins plus ponctuels peuvent nécessiter votre huile de coude à tout moment. Vous avez deux exemples juste en-dessous.

          5. Mon expérience personnelle

          Quand j’habitais à Tromsø, étant dans une résidence étudiante, il n’y a malheureusement pas eu de dugnad, je n’ai donc pas eu la chance d’y participer. Cependant, je suis retournée en Norvège récemment et j’ai séjourné dans un AirBnB. Sur le portail d’entrée de l’immeuble, il y avait plusieurs feuilles d’affichées (voir photos) ayant trait au dugnad.


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          La première feuille fait mention du grand dugnad annuel avec les tâches détaillées à effectuer, (comme laver le portail, enlever la mousse des escaliers extérieurs, passer le balai…) où chaque habitant de l’immeuble avait inscrit son nom en face de ce qu’il s’engageait à réaliser.

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          La seconde feuille fait référence à un autre type de dugnad : chaque voisin, à tour de rôle, devient le gardien de l’immeuble pendant deux semaines. Et sur la troisième feuille, il est bien précisé les différentes tâches que ce rôle implique et où trouver les outils pour ! Déneiger, passer le balai, arroser les plantes, changer les ampoules si elles grillent et tous autres petits travaux qui pourraient survenir... Je ne sais pas vous, mais cette manière de faire me paraît impensable en France. Certes, il permettrait d’économiser des frais de copropriété dans beaucoup de résidences, mais cela me semble tellement éloigné de notre façon de penser et de fonctionner !

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          *locution utilisé telle quelle est norvégien

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